Garantie décennale, législation stricte sur la souscription avant le début du chantier

 

La garantie décennale est une assurance obligatoire pour tous les professionnels à qui la construction ou la rénovation d’un bien immobilier a été confiée. Compte tenu de l’importance de cette assurance, autant pour les constructeurs que pour les propriétaires, le site du gouvernement publie régulièrement quelques notes juridiques sur la garantie décennale. Elle est encadrée par un cadre législatif strict : Loi Spinetta, décret Mercier… Mais avant le début des travaux, le maître de l’ouvrage doit vérifier que le contrat est en vigueur.

 

Encadrement de la garantie décennale par une législation stricte

La garantie décennale est encadrée par une législation stricte. Suite à de nombreux conflits entre maître de l’ouvrage et constructeur sur la responsabilité décennale, la jurisprudence apporte régulièrement des précisions sur la loi décennale.

Un nouvel arrêt de la chambre civile de la Cour de cassation en date du 30 juin 2015 confirme cette nécessité de souscrire une assurance décennale.  Pour que le sinistre puisse être pris en charge, la compagnie d’assurance doit être assurée au début des travaux. En d’autres termes, l’assurance doit être en vigueur le jour ou l’entreprise commence à intervenir sur le chantier.

 

Nécessité de s’assurer avant le début de chantier

En l’espèce, un client ayant confié des travaux de maçonneries souhaitait mettre en jeu la garantie décennale de l’entreprise de maçonnerie suite à l’abandon de chantier et à des désordres importants. Le maître de l’ouvrage s’est vu refuser toute prise en charge, car l’entreprise de maçonnerie n’était pas assurée au début des travaux. L’arrêt de la Cour de cassation confirme que l’assurance décennale de l’entreprise a pris effet quelques jours après le début du chantier. Les auto-entrepreneurs et entreprises de construction ont donc tout intérêt à s’assurer avant le début de chantier pour éviter toute problématique judiciaire future, étant donné que l’assurance décennale court sur une longue période.

A noter que la garantie décennale du constructeur court toujours dès lors qu’il y a réception de travaux même en cas de dépôt de bilan. Si le client ne dispose pas du numéro de contrat, il lui est possible d’en demander auprès de l’administrateur judiciaire.

 

Comment éviter la perte de la garantie décennale ?

Pour se prémunir des problèmes pouvant amener à la perte de la garantie décennale, le client doit impérativement s’assurer que le constructeur ait souscrit une assurance décennale avant le début du chantier. De son côté, le constructeur a une obligation d’information envers ses clients. Sa situation d’assurance doit figurer sur ses devis et ses factures.

Ces documents devront porter certaines mentions obligatoires :

  • Le type d’assurance souscrit
  • Le domaine d’activité (correspondance de la déclaration aux travaux confiés)
  • Les coordonnées de l’assureur
  • La couverture géographique du contrat

A noter qu’une attestation d’assurance ne constitue qu’une présomption de garantie. De ce fait, l’assuré doit mentionner les coordonnées de son assureur dans le devis et les factures pour permettre une vérification si nécessaire. Le client peut vérifier la validité et la conformité de l’attestation d’assurance décennale auprès du courtier ou de la compagnie d’assurance.

Souscrire une assurance RC Pro en complément de l’assurance décennale

 

L’assurance responsabilité civile professionnelle, appelée couramment assurance RC Pro, couvre professionnels du bâtiment et de la construction des dommages qu’ils pourraient causer à un tiers et les constructions avoisinantes lors de l’exercice de son activité. Personne physique ou morale, le tiers ayant subi un préjudice est couvert des dommages corporels, matériels ou financiers. Cette assurance n’est pas obligatoire pour les constructeurs, contrairement à une assurance décennale. Mais sa souscription est fortement recommandée pour éviter de payer de sa poche le dédommagement des pertes matérielles et l’indemnisation des victimes.

Le tarif de l’assurance dépend du niveau de risque de l’entreprise de bâtiment ou auto-entrepreneur, ce qui représente plusieurs paramètres à prendre en compte pour espérer une prise en charge efficace en cas de dommages survenant sur le chantier. L’assurance RC Pro couvre les victimes en lien contractuel ou non avec l’entreprise responsable. La prise en charge du préjudice est effective dès lors que la responsabilité de l’entreprise est démontrée. La responsabilité civile professionnelle d’une entreprise de construction est engagée lorsque les dommages sont causés par son dirigeant, l’un de ses salariés, des sous-traitants prévus dans le contrat.

 

Une assurance facultative dans le secteur bâtiment

L’assurance responsabilité civile professionnelle n’est pas obligatoire dans le secteur de la construction. A défaut d’une assurance RC Pro, le constructeur devra assumer pleinement le versement de dommages et intérêts en cas de préjudice démontré. Les auto-entrepreneurs ne sont pas non plus épargnés des risques de dommage pouvant être causés à un tiers dans le cadre de leur activité. Et comme ils ne bénéficient pas de la séparation des patrimoines comme une société, l’absence de couverture RC pro est préjudiciable à l’avenir de leur activité étant donné qu’ils devront payer de leur poche l’indemnisation. Il est donc fortement recommandé de s’assurer en RC Pro, quels que soient le statut juridique et le secteur d’activité.

 

Un tarif fortement variable en fonction du risque encouru

L’assurance RC Pro, tout comme la garantie décennale, est tarifée selon l’activité de l’entreprise, le risque encouru et le chiffre d’affaires (fait ou prévisionnel). La tarification de l’assurance RC Pro prend également en compte le volume d’activité de l’entreprise de bâtiment. Le constructeur doit donc fournir le maximum d’informations sur son activité et son modèle économique à son assureur pour que celui-ci puisse évaluer les dommages potentiels à couvrir. La RC Pro dans le secteur du bâtiment est proposée à partir de 100€ par an.

 

Autres assurances pro recommandées

Face aux risques représentés par le secteur, les professionnels du BTP notamment les entreprises se contentent très rarement de la RC Pro et des autres assurances obligatoires du secteur (garantie de parfait achèvement, garantie de bon fonctionnement et garantie décennale). En effet, beaucoup de professionnels souhaitent se prémunir contre tous dommages intervenant pendant les travaux dont elles ont la charge. C’est pourquoi ils souscrivent habituellement d’autres couvertures :

  • Assurance transport pour les transports de marchandises
  • Assurance auto entreprise pour les véhicules d’entreprise et engins de chantier
  • Assurance perte d’exploitation pour couvrir l’entreprise en cas d’arrêt d’activité
  • Assurance multirisque professionnelle pour les locaux et le matériel de l’entreprise

Coût et intérêt d’une garantie décennale pour les professionnels de bâtiment

 

Maîtres d’œuvre, constructeurs, entreprises, artisans, auto-entrepreneurs, promoteurs et agences immobiliers sont dans l’obligation de souscrire une assurance de garantie décennale lorsqu’ils sont liés par un contrat tacite avec un maître d’ouvrage ou le propriétaire d’une habitation en construction ou en rénovation. La garantie décennale souscrite par le professionnel entre en jeu en cas de désordres survenant au cours des 10 ans après la réception de l’ouvrage et dès lors que ces désordres affectent la solidité du gros œuvre ou rendent l’ouvrage impropre à sa destination première.

L’absence de garantie décennale sanctionne les professionnels du bâtiment d’une amende et plusieurs mois de prison ferme. Afin d’éviter de rembourser par ses propres moyens les travaux de réparation, la souscription d’une assurance décennale est indispensable en plus d’être obligatoire. Le coût de l’assurance peut varier d’un professionnel à l’autre, principalement du corps de métier et des difficultés prévisibles. Il est donc nécessaire de demander un devis détaillé pour connaître le montant exact.

 

Les facteurs déterminants du coût de la garantie décennale

Les assureurs en décennale étudient différents facteurs pour définir précisément les besoins des professionnels :

  • Taille de l’entreprise
  • Effectifs
  • Statut juridique
  • Chiffre d’affaires annuel
  • Chantiers antérieurs
  • Techniques utilisées
  • Risques potentiellement liés

Grâce aux informations concernant ces derniers, l’assureur peut identifier et apprécier les risques à couvrir pour évaluer la prime d’assurance.

 

Le coût de la souscription d’une assurance décennale

Pour une entreprise de construction, le montant de l’assurance varie d’environ 7 000 euros (chiffre d’affaires de 200 000 euros) à 18 000 euros (chiffre d’affaires de 1 500 000 euros). Pour les auto-entrepreneurs, le tarif de l’assurance décennale varie en fonction de leurs activités et leurs chiffres d’affaires :

  • 2 000 à 6 000 euros environ pour un maçon
  • 600 et 900 euros pour un électricien (1 500 et 5 000 euros pour un chiffre d’affaires de 150 000 à 400 000 euros)
  • 1 200 euros pour un plombier (1 200 à 5 000 euros pour un chiffre d’affaires de 400 000 euros)

 

Un gage de professionnalisme pour les clients

Comme on vient de voir, le contrat d’assurance décennale représente un budget. Toutefois, sa souscription est intéressante dans la mesure où elle couvre le montant des réparations des désordres. L’assurance décennale est valable pour une période bien précise et pendant laquelle le maître de l’ouvrage et le futur propriétaire pourront obtenir une réparation des dommages de nature décennale. Ainsi, cette assurance devra être souscrite auprès d’un assureur :

  • Spécialisé dans le secteur
  • Apte à réagir concrètement et rapidement en cas de problème impliquant la responsabilité de l’assuré

Rappelons aussi que l’assurance décennale est un gage de professionnalisme pour les entreprises et les auto-entrepreneurs. Elle a un coût certes, mais cette assurance augmente la confiance des maîtres de l’ouvrage même pour un artisan débutant. Ce dernier peut poursuivre en toute sérénité son activité sachant que les travaux qu’ils réaliseront sont couverts par une assurance adéquate en cas de problèmes relatifs au gros œuvre et aux éléments indissociables au bâti.

La garantie décennale charpentier et les risques couverts

 

En France, le domaine de la construction et du BTP est bien encadré par la loi. En matière d’assurance, les constructeurs sont dans l’obligation de disposer d’un contrat de garantie décennale pour toute intervention touchant au gros œuvre. Cette obligation d’assurance concerne tous les charpentiers qui travaillent sur des charpentes bois ou charpentes métalliques (cf. Loi 78.12 de 1978). Dès lors que les travaux ne concernent pas l’esthétique de l’ouvrage, la responsabilité du constructeur est retenue en cas de survenance de désordre.

 

Structures en bois et métalliques

Les structures en bois sont très répandues actuellement. Tout le monde utilise ce matériau naturel, notamment pour les constructions en neuf et aussi les projets d’extension d’une maison existante. Du coût, l’intervention des charpentiers ne se limite plus à la conception et pose de charpentes et des combles aménageables ou non. Elle concerne également les maisons à ossatures en bois à l’exclusion des façades-rideaux. Cette activité peut ainsi comprendre divers travaux liés à l’ossature ou à la charpente comme la couverture, le bardage, l’étanchéité, les plafonds, les faux plafonds, les cloisons en bois, les planchers, les parquets, isolation thermique et acoustique. Le charpentier peut être aussi amené à réaliser un traitement préventif et curatif des bois. La mise en jeu de la garantie décennale charpentier dépend donc de la mission confiée au charpentier.

Cependant, la garantie décennale charpentier ne concerne pas uniquement les structures et ossatures en bois. Un artisan charpentier peut aussi réaliser une charpente et ossature métallique. Il peut donc mettre en œuvre les matériaux l’ensemble des éléments métalliques concourant à la construction, au renforcement et à la stabilité d’une maison à ossature métallique.

 

Mise en jeu de l’assurance décennale charpentier

La réalisation de ces travaux peut engendrer des désordres de nature à compromettre la solidité de l’ouvrage en cas de défaut de construction ou de vice de sol. De ce fait, le charpentier doit être couvert pour l’ensemble de ses travaux de charpente. Si le charpentier intervient en tant qu’artisan « auto-entrepreneur », c’est à lui de souscrire l’assurance décennale qui couvre l’ensemble des travaux qui lui est confié. Si le charpentier fait partie des corps de métier appelés pour intervenir sur le chantier, c’est au maître d’œuvre de souscrire une assurance décennale qui englobe tous les différents travaux auxquels les différents corps de métier sont intervenus. La responsabilité du maître d’œuvre est automatiquement engagée, même si aucune faute ou négligence ne peut lui être imputée sur la survenance des désordres.

Pendant une période de 10 ans après la réception des travaux, le maître de l’ouvrage ou le nouveau propriétaire suite à la cession du bien peut mettre en jeu la responsabilité décennale du charpentier en cas de dommages liés à :

  • L’affaissement de charpente
  • L’apparition de mérule sur l’ouvrage
  • Le décollement d’ouvrage lamellé-collé

 

Des formules d’assurance complètes pour les charpentiers

Face aux préjudices financiers que pourraient engendrer les malfaçons et vices relevant de la garantie décennale du charpentier, certains assureurs proposent des offres « responsabilité civile et décennale ». C’est une couverture complète contre les dommages survenus en cours de chantier, la défense recours, les dommages intermédiaires et la garantie décennale.

Le contenu du contrat et les obligations d’assurance décennale 

L’assurance décennale est une assurance obligatoire dans le secteur du bâtiment, autant pour la construction que pour la rénovation. La réception des travaux marque le point de départ de la responsabilité décennale et des autres garanties légales du constructeur ou du maître d’œuvre. En cas de constatation de malfaçons sur la construction, les professionnels qui en sont responsables reçoivent une demande de réparation ou de remboursement dans le cadre de l’assurance décennale. Le contenu du contrat détermine la mission et par conséquent la part de responsabilité du maître d’œuvre dans les travaux. Quelles sont donc les informations qui doivent figurer dans le contrat d’assurance ?

Le contenu du contrat de construction et de maîtrise d’œuvre

Le contrat de construction et de maîtrise d’œuvre doit contenir certaines informations sur la mission, l’assurance légale, les clauses et obligations. A noter que les éventuelles modifications substantielles du contenu du contrat requièrent la rédaction d’un avenant. Le contrat doit avant apporter une précision sur les missions. C’est d’ailleurs l’une des clauses fondamentales d’un contrat de construction, car la nature et le contenu de chaque mission peuvent varier en fonction du type d’opérations. Lorsque la construction implique l’intervention de plusieurs corps de métier, il est impératif de définir dans le contrat la limite des missions. Cela permet d’imputer les responsabilités en cas de désordres.

Précision de l’assurance constructeur dans le contrat

Il est important d’éviter d’utiliser dans le contrat le terme « responsabilité » étant donné qu’il est exclu de reconnaitre la responsabilité. Avant la confirmation de l’expertise, on parle plutôt de présomption de responsabilité. Il faut se contenter de faire référence aux textes législatifs et réglementaires de l’assurance décennale. Il est également nécessaire de prévoir une clause pour limiter la responsabilité sur le terrain contractuel. Pour la responsabilité civile professionnelle (RC Pro), elle devra être limitée aux missions faisant l’objet du contrat. Lorsque le maître d’œuvre est un architecte, il est soumis à une série de garanties couvrant l’ensemble de leur responsabilité au-delà de la garantie décennale. Le contrat devra donc mentionner la conformité du maître d’œuvre aux obligations d’assurance relatives à l’architecture et l’assurance dans le domaine de la construction. Le contrat devra donc préciser l’assurance du constructeur et le nom de l’assureur. L’attestation d’assurance décennale doit être jointe au contrat. Le maître de l’ouvrage est en droit d’exiger sa présentation au moment de la signature du contrat.

Achèvement du contrat à l’exécution de la dernière mission

Le contrat doit préciser son achèvement à l’exécution de la dernière mission. En cas de réserves à la réception de l’ouvrage, la mission est achevée après le suivi de la levée des réserves ou la fin de la garantie de parfait achèvement.

Recul de l’assurance construction et assurance décennale depuis 2008 en France

 

En France, le marché de l’assurance construction est toujours impacté par une forte sinistralité et des taux bas depuis 2008. Les opérateurs de la construction d’ouvrages sont dans l’obligation de souscrire un certain nombre de garanties dans l’exercice de leur fonction pour permettre aux consommateurs de se protéger contre les malfaçons et vices de construction. L’assurance décennale est l’une d’entre elles. La défaillance des courtiers et assureurs étrangers a laissé les Assurés sans couverture.

Tendance baissière du marché de l’assurance construction

Rappelons que l’assurance construction en France concerne tous les opérateurs de la construction : les maîtres d’œuvre, les bureaux d’études, les fabricants, les importateurs, les négociants, les promoteurs, les artisans et entreprises de mise en œuvre, les maîtres d’ouvrage… Selon la Fédération Française de l’Assurance (FFA), la particularité technique de ses garanties, la forte sinistralité et les taux bas du marché de l’assurance construction pèsent sur les assureurs depuis la crise de 2008. La FFA a annoncé que les cotisations encaissées par les assureurs ont reculé à – 2,1 % en 2016, soit une baisse pour la septième année consécutive depuis 2008. Sur la période 2008 à 2016, le recul du chiffre d’affaires de l’assurance construction est estimé à 16 %. Cette baisse s’explique par la crise du bâtiment et le recul des mises en chantier entre 2007 et 2015 (-28 %). De son côté, la sinistralité était en forte hausse entre 2008 et 2016 (+52 %), soit une croissance annuelle de 5,3 % en moyenne. Défaillances des entreprises, nouvelles réglementations, augmentation de contentieux et aggravation des sinistres… autant de raisons qui a engendré cette forte hausse de la sinistralité dans le secteur de la construction.

Détérioration de la rentabilité technique de l’assurance construction

Le secteur de l’assurance construction connait une baisse conséquente de rentabilité depuis 2008 malgré la hausse des mises en chantier au cours du mois de novembre 2016. L’assurance construction souffre toujours de taux bas qui a un impact direct sur ses produits financiers. Les prestations payées par les assureurs sont passées de 53 à 30 % entre 2008 et 2016.

Recul des assureurs et risque de l’ouverture du marché vers le LPS

Dans ce contexte, la FFA rapporte un recul des assureurs traditionnels sur l’assurance construction ouvrant le marché à d’autres acteurs européens qui opéraient en libre prestation de services (LPS). La croissance de la concurrence est bénéfique pour les opérateurs de la construction, mais l’apparition de nouveaux acteurs étrangers sur le marché représente toutefois un risque du point de vue technique malgré le fait que le fonds de garantie des assurances obligatoires couvre toujours la défaillance de l’assureur. Les fragilités financières de ces assureurs étrangers représentent donc un grand risque pour l’ensemble du secteur et notamment les assurés. Ce qui a amené les autorités de supervision de les surveiller de près. D’ailleurs, bon nombre d’assureurs étrangers se sont lancés sur ce marché, mais la plupart ont dû se retirer faute de structure financière fragile et de méconnaissance des particularités technique en laissant les assurés sans couverture. Les autorités appellent à responsabilité des courtiers et intermédiaires sur la vérification de l’assureur auprès duquel ils ont placé les risques de leurs clients.

Assurance garantie décennale pour les travaux de carrelage

Dans certaines conditions, le carrelage est un élément d’équipement indissociable de la construction. De ce fait, la pose du carrelage doit être confiée à un professionnel. Toutefois, l’intervention d’un professionnel dans la pose de carrelage n’est pas exemptée de vices cachés, d’où l’intérêt pour un carreleur de souscrire une assurance spécifique à son activité. En effet, les dommages engendrés par les défauts de carrelage peuvent apparaître tardivement, ils peuvent même survenir plusieurs années après la fin des travaux. Dans tous les cas, la responsabilité du carreleur est engagée et il peut être contraint à le réparer. Reste à savoir si les dommages entrent entre dans le champ d’application de l’assurance garantie décennale.

Assurance décennale pour le carrelage scellé

Avant tout, il faut savoir que le carrelage est à la fois esthétique et fonctionnel. Lorsque le dommage concerne l’esthétique, c’est la responsabilité civile du constructeur qui est mise en jeu pour obtenir une réparation. Lorsqu’il s’agit du fonctionnement d’un élément d’équipement dissociable de la construction, la RC biennale ou décennale du carreleur est retenue. On peut ainsi distinguer deux types de garanties selon la pose du carrelage. Le type de garantie qui pourrait être mis en jeu en cas de dommages constatés après la livraison de l’ouvrage est diffèrent selon que le carreleur a entrepris la pose d’un carrelage collé ou carrelage scellé. Le carrelage collé est couvert deux ans après sa pose par la garantie biennale tandis que le carrelage scellé quant à lui entre dans le champ d’application de la garantie décennale, au sens des articles 1792 du Code civil. Le carrelage scellé est qualifié d’élément indissociable d’une construction et par conséquent relève des dispositions de l’article 1792-2 du Code civil portant sur la responsabilité décennale du carreleur. En effet, le carrelage scellé ne peut être retiré qui si on touche l’ouvrage dans son ensemble.

Assurance décennale spéciale carrelage

L’article 1792-2 du Code civil précise que la garantie décennale s’applique pour les dommages qui affectent la solidité des éléments d’équipement d’un ouvrage, à condition que ceux-ci fassent indissociablement corps avec l’ouvrage. La responsabilité décennale peut être aussi mise en jeu dans le cas exceptionnel où les défauts de carrelage présentent une certaine gravité de nature à compromettre la solidité de l’ouvrage ou l’un de ses équipements indissociables, mais également lorsque la gravité des défauts de carrelage rend l’ouvrage impropre à sa destination.

En plus de rendre le bâtiment impropre à sa destination, les défauts de carrelage scellé peuvent également mettre en danger les occupants. Le propriétaire peut alors se retourner contre le carreleur et demander réparation, si les dommages apparaissent dans les dix ans suivant la date de fin des travaux.

Les risques couverts

En matière de pose de carrelage, la garantie décennale fonctionne en cas de fissurations multidirectionnelles, de fissurations avec des désaffleurements, de soulèvement du fait d’un défaut de planéité de la chape, de détérioration à cause d’une erreur de conception. Ces défauts de carrelage peuvent compromettre l’étanchéité du revêtement du sol, entraîner une infiltration ou un dégât des eaux. La garantie décennale s’applique au revêtement de mur et de sol, dont les travaux de pose de matériaux résilients acoustiques ou isolants ou encore l’imperméabilisation des carrelages et faïences.

Loi Spinetta : 40 ans d’application et un bilan assez mitigé sur l’encadrement de la garantie décennale

Quarante ans après sa mise en vigueur, la loi Spinetta est bien ancrée dans le secteur du bâtiment. L’obligation de garantie décennale est un succès selon le résultat de l’étude Batiactu même si certains professionnels souhaitent une reforme à cause du renforcement des dérives au cours de ces dernières années. Quel est le bilan après ces 40 ans ?

Encadrer l’assurance construction

La loi Spinetta régit le domaine de l’assurance construction. Le bilan de l’application de cette loi est mitigé selon l’étude Batiactu rapporte un succès d’application de cette loi qui régit le domaine de l’assurance construction. En effet, les professionnels de l’assurance reconnaissent unanimement le succès de celle-ci, mais ils dénoncent certaines dérives qui se sont amplifiées au cours de ces dernières années et nécessitent selon eux une reforme de ce système assurantiel. Ces résultats ont été publiés le 6 juin dernier à l’occasion d’un colloque organisé par la SMABTP pour faire le bilan de l’application de cette loi déjà en application en Métropole et dans le département d’outre-mer.

Un objectif rempli, mais avec l’apparition de certaines dérives

Il fait reconnaitre que la loi Spinetta a rempli son objectif en ce qui concerne la protection du client, notamment du particulier. C’est d’ailleurs l’une des principales raisons d’être de cette loi, car la situation était tout simplement catastrophique avant son application, notamment sur les délais de règlement des sinistres. Mais les représentants de tous les corps de métiers du BTP qui avaient participé à cet atelier ont aussi dénoncé quelques faiblesses de ce système assurantiel. Rappelons que la loi Spinetta a été introduite par le législateur Adrien Spinetta pour répondre aux soucis majeurs dans le secteur de la construction, à savoir la sous-assurance des professionnels du secteur, la totale liberté des clauses de police et la hausse de la sinistralité. Les risques pour les entreprises et les propriétaires des maisons construites étaient devenus trop grands. Les entreprises risquaient de devoir prendre en charge dans sa totalité les sinistres tandis que de leur côté, les propriétaires risquaient de ne pas recevoir des indemnisations pour la réparation des dommages relevant de la responsabilité des professionnels du bâtiment. Et c’est pour cadrer l’ensemble du dispositif que cette loi a été adoptée.

L’évolution du champ d’application de cette loi à travers les arrêts de la Cour de cassation inquiètent les professionnels, car la notion de risque décennal devient de plus en plus large alors qu’elle était censée limiter à l’atteinte à « la solidité de l’ouvrage ». La Cour de cassation assimile des simples risques de dommage à un dommage immédiatement réparable pour non-conformité à des normes parasismiques. Certes, ce mouvement apparait dans le droit commun de la responsabilité, mais sa généralisation en matière d’assurance-construction pourrait déséquilibrer tout le système. Une autre dérive de l’application de cette loi est la notion même de « l’impropriété à la destination » qui reste assez floue. Les désordres esthétiques ou en lien avec le confort phonique relèvent de la responsabilité des intervenants si la destination particulière des travaux avait comme telle vocation.

Assurance des métiers du bâtiment : Garantie décennale et autres garanties présentes dans le contrat

 

La construction ou la rénovation d’une maison nécessite une serine de couverture pour couvrir la responsabilité du professionnel à qui les travaux ont été confiés, mais aussi pour garantir une certaine sécurité aux maîtres de l’ouvrage et les propriétaires en cas de dommages constatés sur l’ouvrage après l’intervention du professionnel en construction. Le contrat d’assurance des métiers du bâtiment est accompagné de plusieurs garanties, dont la responsabilité civile et la garantie décennale.

La garantie décennale

La première assurance, obligatoire pour les différents corps de métiers du bâtiment, est la garantie décennale. Cette assurance joue sur la responsabilité d’un professionnel du bâtiment en cas de dommages qui pourraient compromettre la solidité du bâtiment, de dommages sur les éléments d’équipement indissociables et de dommages qui rendent l’ouvrage impropre à sa destination. Les malfaçons sur la toiture et la structure même d’un bâtiment relèvent par exemple de la garantie décennale si elles ont été signalées dans les 10 ans après la fin du chantier. L’assurance décennale reste l’une des seules alternatives d’assurance permettant à un professionnel du bâtiment de réaliser des travaux de construction ou de rénovation. L’obligation de garantie décennale ne s’applique pas aux activités de sous-traitance. Cependant, la souscription à cette assurance reste et indispensable, car il faut savoir que le sous-traitant reste responsable vis-à-vis du maître de l’ouvrage et doit être assuré en conséquence.

La garantie biennale

La garantie biennale est comme son nom l’indique une couverture d’assurance qui porte sur un délai de deux ans. Cette garantie porte principalement sur les équipements dissociables des travaux principaux : chauffe-eau, radiateurs… Le professionnel qui s’est chargé de la pose de ces équipements d’une maison est tenu de les replacer en cas de non-fonctionnalité au cours des deux années suivant la réception du chantier.

La responsabilité civile

L’assurance responsabilité civile est un contrat qui couvre les risques pouvant présenter l’exécution des prestations d’un professionnel du bâtiment. Cette assurance couvre généralement les dommages corporels (chute, accidents…), les dommages matériels (incendies, détériorations du mobilier…) et également les dommages immatériels (pertes financières). La RC exploitation couvre par exemple la responsabilité de l’entreprise en cas de survenance de sinistres avec des dommages aux tiers lors de la réalisation des travaux ou encore des activités de démarchages. La RC Pro couvre la responsabilité de l’entreprise lorsque les dommages surviennent au cours des travaux et qu’ils sont causés par l’activité de l’entreprise. La couverture de la responsabilité civile professionnelle porte sur de nombreux préjudices dus à un retard dans la livraison de la prestation, faute professionnelle, imprudence, non-conformité des produits, conseils inadaptés, assistance technique inadaptée, non-respect du droit à l’image, abus de propriété intellectuelle…

Les différents contrats de construction avec une couverture garantie décennale

Faire constructeur sa maison par des professionnels est une alternative intéressante pour l’accession à l’immobilier selon les configurations désirées et avec un maximum de garantie depuis la construction et après la réception des travaux, dont la garantie décennale. A noter que plusieurs types de contrats de construction sont généralement proposés par les constructeurs. Les futurs propriétaires peuvent choisir les contrats qui conviennent le mieux aux critères fixés : fourniture des plans, recours aux services d’un architecte ou d’un bureau d’étude…

Le contrat de construction avec ou sans la fourniture de plan

Lorsque le constructeur est l’unique interlocuteur du maître de l’ouvrage, l’ensemble des travaux est réalisé par celui-ci. Cela commence par la fourniture du plan jusqu’à la livraison de l’ouvrage. Le CCMI permet au propriétaire de bénéficier d’un délai de rétractation de 10 jours. Le coût des travaux est fixé au préalable, mais il est toutefois possible de le réviser si les conditions générales du contrat prévoient de telles révisions en fonction de l’avancement des travaux. La particularité d’un CCMI avec fourniture de plan est l’accession à un certain nombre de garanties : garantie de livraison à prix et délais convenus, garantie de remboursement ou consignation du dépôt de garantie, garantie de parfait achèvement, garantie décennale… Le CCMI sans fourniture de plan est limité étant donné que l’intervention du constructeur concerne uniquement la réalisation des travaux. Le constructeur réalisera le gros œuvre, la mise hors d’eau et le hors d’air… La réalisation des plans a été confiée à un autre professionnel ou par le propriétaire lui-même. Les modalités du contrat sont les mêmes que pour le précédent contrat sauf que les garanties obligatoires sont moins étendues. Des pénalités de retard sont également appliquées les travaux ne sont pas exécutés dans les délais convenus. Dans tous les cas, le futur propriétaire est dans l’obligation de souscrire une assurance dommage-ouvrage.

Le contrat de maîtrise d’œuvre

Le contrat de maîtrise d’œuvre est proposé par un architecte, un bureau d’études ou plusieurs corps de métier. Contrairement au CCMI, le contrat n’est pas spécifiquement réglementé. En effet, le contenu du contrat est négocié entre les parties en fonction des travaux confiés aux intervenants. Le prix est fixé librement par le maître d’œuvre en fonction de ses honoraires. Le propriétaire bénéficie d’une protection de l’emprunteur et d’une garantie décennale sur le planning d’exécution des travaux. Il doit aussi souscrire à une assurance dommage-ouvrage.

Le contrat d’entreprise

Le contrat d’entreprise, aussi appelé contrat de marché de travaux, est le contrat qu’il faut rédiger lorsque le futur propriétaire fait appel de manière individuelle un architecte, un bureau d’études ou plusieurs corps de métier pour la construction de sa maison. Au même titre que le contrat de maîtrise d’œuvre, ce contrat n’est pas spécifiquement réglementé. Le contenu est négocié individuellement, que ce soit sur le prix, les modalités de révision, les modalités de versement ou encore le délai d’intervention. La protection de l’emprunteur et la garantie décennale sont les garanties obligatoires. Le maître de l’ouvrage doit toujours souscrire à une assurance dommage-ouvrage.